
On dit que les gens n’écrivent plus. On dit que ordinateurs, que téléphones portables, que jeux vidéos.
Mais je vois des visages se pencher sur la feuille. Prendre le temps. Raturer. Des jeunes femmes comme moi, des gamines en foyer, des abîmés de l’école et de l’encre rouge, hommes et femmes qui ont fait leur vie. Des gens qui viennent avec eux-mêmes, souvent convaincus que ce n’est pas suffisant. Il faudrait de l’imagination pour raconter autre chose. D’autres vies, plus passionnantes. D’autres mots aussi.
Il y a beaucoup de choses dans ce petit texte. Des chapitres qui plongent dans la vie d’Amandine Dhée, ses réflexions quant à son parcours. C’est un sachet de bonbons dans lequel on pioche pour tomber sur des phrases qui touchent juste. Autant de goûts différents, d’impressions sur nous, sur elle, sur tout le monde à la fois.
Ce qui frappe dans ses moments de vie suspendus, c’est la justesse des situations décrites. La capacité à cristalliser des ressentis universels sur de petits événements personnels, mais qui nous percutent dans ce que l’on a de plus intime. Effacer un « je t’aime papa », parce que la pudeur fait qu’on ne le dit pas, se retrouver perdue sur une plage parce qu’on voulait absolument ce beignet à la framboise, cristalliser toutes les tensions familiales dans une recette que l’on déteste.
J’ai été très touchée par ce parcours d’émancipation de femme en creux, et si l’on est ému.e, on rit aussi. Une très belle réussite, découverte grâce au merveilleux bookclub #cemoiscionlit qui se tient mensuellement sur Instagram.
Et puis ça fait bête d’être triste en maillot de bain, Amandine Dhée. La contre allée, 2021.

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