Rien de tel que des lectures légèrement frissonnantes pour passer un été caniculaire bien entourée… Après avoir lu avec délectation deux de ses recueils de nouvelles, Les dangers de fumer au lit et Ce que nous avons perdu dans le feu, dont je vous parlais ici, je continue mon exploration de cette autrice décidément fascinante.
Trois titres pour explorer son univers fantastico-politique unique merveilleusement publiés par les Editions du sous-sol.

Notre part de nuit. Editions du sous-sol, 2021.

Résumé

Un père et son fils traversent l’Argentine par la route, comme en fuite. Où vont-ils ? À qui cherchent-ils à échapper ? Le petit garçon s’appelle Gaspar. Sa mère a disparu dans des circonstances étranges. Comme son père, Gaspar a hérité d’un terrible don : il est destiné à devenir médium pour le compte d’une mystérieuse société secrète qui entre en contact avec les Ténèbres pour percer les mystères de la vie éternelle.

Alternant les points de vue, les lieux et les époques, leur périple nous conduit de la dictature militaire argentine des années 1980 au Londres psychédélique des années 1970, d’une évocation du sida à David Bowie, de monstres effrayants en sacrifices humains. Authentique épopée à travers le temps et le monde, où l’Histoire et le fantastique se conjuguent dans une même poésie de l’horreur et du gothique, Notre part de nuit est un grand livre, d’une puissance, d’un souffle et d’une originalité renversants. Mariana Enriquez repousse les limites du roman et impose sa voix magistrale, quelque part entre Silvina Ocampo, Cormac McCarthy et Stephen King.

Traduit de l’espagnol (Argentine) par Anne Plantagenet.

La descente c’est le pire. Editions du sous-sol, 2026.

Résumé

Dans le Buenos Aires interlope et vibrant des années 1990, Narval, un garçon tourmenté par des créatures obscures et des hallucinations macabres, trouve refuge dans les bras de Facundo, jeune homme à la beauté froide et magnétique qui se prostitue pour vivre. Un troisième personnage, l’instable Carolina, complète ce trio qui plonge dans l’abîme de la drogue, de la violence et de l’amour.
 
Porté par une bande-son underground et punk, La descente, c’est le pire est un roman urbain, gothique, aussi cru qu’il est romantique, dont les personnages semblent tout droit sortis de My Own Private Idaho de Gus Van Sant ou Entretien avec un vampire de Neil Jordan. C’est le premier texte de Mariana Enriquez, qui avait à peine dix-neuf ans quand elle l’a écrit. Il est devenu immédiatement culte à sa parution en Argentine.

Traduit de l’espagnol (Argentine) par Anne Plantagenet.

Un lieu ensoleillé pour les gens sombres. Editions du sous-sol, 2025.

Résumé

Des voix magnétiques, pour la plupart féminines, nous racontent le mal qui rôde partout et les monstres qui surgissent au beau milieu de l’ordinaire. L’une semble tant bien que mal tenir à distance les esprits errant dans son quartier bordé de bidonvilles. L’autre voit son visage s’effacer inexorablement, comme celui de sa mère avant elle. Certaines, qu’on a assassinées, reviennent hanter les lieux et les personnes qui les ont torturées. D’autres, maudites, se métamorphosent en oiseaux.

Les légendes urbaines côtoient le folklore local et la superstition dans ces douze nouvelles bouleversantes et brillamment composées, qui, de cauchemars en apparitions, nous surprennent par leur lyrisme nostalgique et leur beauté noire, selon un art savant qui permet à Mariana Enriquez de porter, une fois de plus, l’horreur aux plus hauts niveaux littéraires.

Traduit de l’espagnol (Argentine) par Anne Plantagenet.


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