Love me tender / Constance Debré

« Je ne vois pas pourquoi l’amour entre une mère et son fils ne serait pas exactement comme les autres amours. Pourquoi on ne pourrait pas cesser de s’aimer. Pourquoi on ne pourrait pas rompre. »


Constance Debré est une grande écrivaine en devenir, on ne le répétera jamais assez.
J’avais été charmée par Play Boy (paru en 2018) au style cru, brut et pourtant très travaillé, qui nous raconte sa rupture de vie, où elle choisit de quitter son mari et la vie bourgeoise qu’elle menait pour aimer librement les femmes, démissionner de son travail d’avocate, puis se détacher progressivement des possessions matérielles pour vivre une vie détachée de tout, glissant d’un hébergement à un autre, d’une conquête à une autre. Détachement matériel, mais aussi sentimental.


Elle pensait pouvoir vivre cette nouvelle vie sereinement en y incluant son fils Paul, mais ce sera une toute autre chanson : son ancien mari ne supporte pas qu’elle demande le divorce, et décide de la priver de leur fils de 9 ans. Voilà le sujet de ce roman présenté ici qui aborde un autre événement inspiré de son histoire.
Il utilise tout contre elle pour l’accuser du pire et lui retirer la garde de son fils. Autorisée à le voir seulement une fois tous les 15 jours dans un lieu neutre accompagnée d’une médiatrice, lorsque son père l’amène, la narratrice perd petit à petit le lien si précieux entre elle et son fils.Le pire arrive progressivement, et il faudra plus d’un an pour qu’ils puissent se voir à nouveau. Un an à nager, lire, baiser, mais aussi beaucoup cogiter.

Point d’orgue de ce roman coup de poing la lettre écrite par la narratrice à son fils, qu’elle ne lui enverra jamais. Tout est dit : son amour, sa pudeur, cette douleur indicible, lancinante.


Cet ouvrage est celui d’une souffrance qui ne se dit pas, d’un vide, d’un détachement de tout puisque l’essentiel est devenu inaccessible, mais c’est aussi celui d’un deuil, le deuil de ce temps perdu, de ces moments de la vie que l’on ne rattrapera jamais. C’est enfin une profonde réflexion sur le rôle de mère.

Love me tender, Constance Debré. Flammarion, 2020.

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