Vue Mer / Colombe Boncenne

« Stefan a désormais presque quarante ans et autant de costumes. Il est co-manager de BOUKÉ ET PARTENEURE avec Elsa. Ils ont réussi, leur business a cartonné sans pour autant leur échapper. Enfin jusqu’à aujourd’hui. »

Deuxième roman de Colombe Boncenne, Vue mer est une délicieuse satire sociale sur la comédie du monde du travail, qui nous amuse autant qu’il nous questionne.

Comme tous les matins, Stefan se prépare pour aller au bureau. Rituel millimétré, comme sa vie. Il vient d’un milieu où la réussite professionnelle est toute tracée, il a fait une grande école, monté son entreprise avec son ancienne camarade de promo, Elsa. Bouké et Parteneure, au nom des deux partenaires qui dirigent cette entreprise florissante. Quel est le secteur d’activités précis ? Cela reste un mystère, tant ce petit micrososme finement étudié se veut être universel et unique à la fois. On y parle de prospect, de com’ client, de dossiers urgents à boucler, de reporting…

Chacun dans cet univers bien huilé tient son rôle. Françoise la secrétaire discrète mais indispensable, Charlotte le bourreau de travail, qui fuit son collègue Blaise depuis leur nuit partagée durant un séminaire team building, Rita l’assistante séduisante et papillonante, Guy le syndicaliste chevronné qui ne loupe pas une occasion de prendre en faute sa direction…On fait des pauses café, on débriefe les dossiers, on s’invite à un déj, on se taquine, on s’évite, on sympathise et on complote.

Comme tous les matins donc Stefan s’apprête à se rendre au travail. Mais ce matin là n’est pas un matin comme les autres, il a une importante nouvelle à annoncer à son équipe, et au moment de tourner la clé dans le contact de sa voiture, un grain de sable vient s’immiscer dans son rituel et tout perturber.

Une caricature fortement maitrisée de cette petite société qu’est l’entreprise, couplée d’une construction fine à rebondissements inattendus font de ce court texte un moment de lecture plaisant, dont le mordant ne fait pas non plus perdre de vue ce qu’il tend à dénoncer, un fonctionnement sociétal malade où la souffrance au travail ne fait qu’empirer ces dernières années.

Pour compléter cette lecture, retrouvez les chroniques publiées en mai sur le travail et la société. Une sélection à lire ici.

Vue mer, Colombe Boncenne / Editions Zoé, 2020.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :