Un féminisme décolonial / Françoise Vergès

« Le féminisme va bien au-delà de l’égalité de genre et il dépasse largement la question du genre ». Angela Davis

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt cet essai passionnant, manifeste à agir pour un féminisme plus inclusif et intersectionnel. Il invite à la réflexion, et met à nu certains mécanismes qui sous couvert de « féminisme », sont de nouvelles formes d’exploitation et de dénigrement de certaines populations sur d’autres.

Françoise Vergès, politologue et enseignante-chercheuse à l’Université de Sussex, a grandi à La Réunion, entourée de parents militants qui ont marqué et façonné sa vie et ses combats. Femme engagée, elle se bat pour la reconnaissance des droits des femmes, et se présente comme militante féministe décoloniale. Ses travaux portent sur les questions d’esclavage colonial, de créolisation, et de capitalisme racial.

Nous voici invité.e.s à réfléchir sur l’universalité supposée du féminisme. Dans cet essai percutant, Françoise Vergès invite à décoloniser le féminisme, à l’observer sous un angle plus large que l’inégalité de genre. Car si de nombreuses luttes féministes ont existé et coexisté depuis de nombreuses décennies, certaines semblent éclipsées, invisibilisées, notamment les luttes des femmes du « Sud », des Noires américaines, et des femmes résistantes et marronnes.

Le féminisme décolonial est un féminisme qui questionne aussi bien les inégalités de genre, mais aussi de milieu social, d’appartenance ethnique et religieuse, et dénonce une structuration sociale et politique, en Europe notamment, néocolonialiste. Pour elle le féminisme devrait « renouer avec une analyse du capitalisme néolibéral qui dévaste le monde », et qui « ne peut pas rester indifférent à l’impérialisme, à la situation des femmes précaires ».

Françoise Vergès fait la « critique d’un féminisme [qu’elle] appelle civilisationnel parce qu’il a entrepris la mission d’imposer au nom d’une idéologie des droits des femmes une pensée unique qui contribue à la perpétuation d’une domination de classe, de genre et de race » . Elle s’inquiète enfin d’une récupération du féminisme par des mouvances xénophobes et réactionnaires.

J’ai pu lire cet ouvrage en format epub car en raison du confinement leséditions La fabrique mettent gratuitement à disposition 10 essais au format numérique. Une très belle initiative, je les en remercie !

Un féminisme décolonial, Françoise Vergès. Editions La Fabrique, 2019.

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